Les trophées - 22
PIECE N° 191
MAES Romain (B)
(10.08.1912 – 22.02.1983)
Trophée offert par la Ville de Dunkerque au vainqueur du Tour de France 1935
Né le 10 août 1912 à Zerkegem, en Flandre-Occidentale, Romain Maes est un ancien coureur cycliste belge. Professionnel de 1933 à 1942, il demeure célèbre pour son éclatante victoire dans le Tour de France 1935.
Issu d’une famille nombreuse, il commence la compétition cycliste à l’âge de dix-sept ans. Dès ses débuts professionnels, il se distingue en remportant le Circuit de l’Ouest en 1933, avant de prendre part pour la première fois au Tour de France l’année suivante.
Le 4 juillet 1935, Romain Maes remporte la première étape du Tour, disputée entre Paris et Lille. Cette victoire lui permet d’endosser le maillot jaune dès le premier jour. Romain Maes remporte trois étapes, dont la première et la dernière, qui s’achève au Parc des Princes. Il devient ainsi l’un des très rares coureurs de l’histoire à avoir porté le maillot jaune du début à la fin d’un Tour de France. Sa victoire met un terme à une série de cinq succès français consécutifs. L’année suivante, Romain Maes se classe deuxième de Paris–Roubaix dans des circonstances controversées. Bien qu’il semble avoir franchi la ligne devant Georges Speicher, les commissaires attribuent la victoire au coureur français. En 1939, il remporte encore une étape contre-la-montre du Tour de France et retrouve brièvement le maillot jaune. Sa carrière, interrompue par la Seconde Guerre mondiale, se poursuit jusqu’en 1942. Après sa carrière, Romain Maes tient à Bruxelles un établissement appelé Le Maillot jaune, perpétuant ainsi le souvenir de son triomphe de 1935. Il meurt le 22 février 1983 à Grand-Bigard.
La pièce présentée est le trophée offert par la Ville de Dunkerque à Romain Maes pour commémorer sa victoire dans le Tour de France 1935. Cette élégante récompense adopte une forme conique très élancée. Son corps métallique argenté, composé de lignes verticales régulières, s’évase progressivement vers sa partie supérieure. Deux petites anses géométriques prolongent les côtés de la coupe. Le trophée repose sur un pied circulaire fixé à un socle de pierre sombre veinée. Son dessin épuré, résolument moderne pour l’époque, se distingue des coupes traditionnelles par son équilibre et la sobriété de son ornementation.
Présenté dans le Musée Virtuel du Cyclisme – Collections Noël GREGOIRE, ce trophée rappelle l’un des exploits les plus remarquables de l’histoire du Tour de France : la victoire d’un jeune Belge de vingt-deux ans, leader de la première à la dernière étape.
PIECE N° 520
MAGNE Antonin (F)
(15.02.1904 – 08.09.1983)
La Coupe de « L’Auto » remportée par l’équipe de Province lors du match Paris–Province 1943
Né le 15 février 1904 à Ytrac, dans le Cantal, Antonin Magne est un ancien coureur cycliste français. Professionnel de 1926 à 1939, il s’impose comme l’un des champions les plus complets et les plus respectés de sa génération.
Surnommé « Tonin », il remporte à deux reprises le Tour de France. En 1931, il prend le maillot jaune après sa victoire dans l’étape pyrénéenne entre Pau et Luchon, puis résiste aux attaques de ses adversaires jusqu’à l’arrivée à Paris. Trois ans plus tard, il gagne une seconde fois la Grande Boucle. Leader dès la deuxième étape, il conserve la première place jusqu’au terme de l’épreuve et s’adjuge notamment le premier contre-la-montre individuel de l’histoire du Tour, disputé entre La Roche-sur-Yon et Nantes. Antonin Magne devient également champion du monde sur route en 1936 à Berne. Excellent rouleur, il remporte trois années consécutives le Grand Prix des Nations, de 1934 à 1936, et se classe deuxième du championnat du monde en 1933.
Coureur méthodique, rigoureux et attentif aux moindres détails, il est réputé pour la précision de sa préparation. Ces qualités lui permettent de prolonger naturellement sa carrière dans la direction sportive. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Antonin Magne s’éloigne des compétitions et reprend l’exploitation agricole familiale de Livry-Gargan. Il effectue néanmoins sa première expérience de directeur sportif en 1943, à l’occasion du match cycliste Paris–Province. Après la Libération, Antonin Magne devient directeur sportif de la formation Mercier. Pendant près de vingt-cinq ans, il dirige de grands champions comme Rik Van Steenbergen, Louison Bobet et surtout Raymond Poulidor. Sa blouse blanche, son béret et ses principes rigoureux deviennent indissociables de son image.
La pièce présentée est la Coupe de « L’Auto » attribuée à l’équipe de Province victorieuse du match Paris–Province 1943 et dirigée par Antonin Magne. De grandes dimensions, la récompense adopte une silhouette sobre et monumentale. Son corps métallique, largement évasé dans sa partie supérieure, est rythmé par plusieurs anneaux horizontaux qui soulignent ses différents volumes. La coupe repose sur un pied circulaire fixé à un socle sombre. Une plaque apposée sur celui-ci rappelle le nom de la confrontation, son millésime et l’attribution de la récompense par le quotidien sportif L’Auto, organisateur historique de nombreuses compétitions cyclistes françaises.
Présentée dans le Musée Virtuel du Cyclisme – Collections Noël GREGOIRE, cette coupe témoigne d’un épisode méconnu du cyclisme organisé pendant l’Occupation. Elle marque également les débuts d’Antonin Magne dans la fonction de directeur sportif, rôle dans lequel il connaîtra une carrière aussi remarquable que celle du double vainqueur du Tour de France.
PIECE N° 521
MAGNE Antonin (F)
(15.02.1904 – 08.09.1983)
La Coupe des constructeurs de L’Humanité Dimanche 1953
Né le 15 février 1904 à Ytrac, dans le Cantal, Antonin Magne est l’une des grandes figures du cyclisme français. Coureur professionnel de 1926 à 1939, puis directeur sportif pendant près d’un quart de siècle, il connaît une remarquable réussite dans ces deux fonctions.
Surnommé « Tonin », il remporte le Tour de France en 1931 et en 1934. Lors de son second succès, il gagne notamment le premier contre-la-montre individuel de l’histoire de la Grande Boucle, disputé entre La Roche-sur-Yon et Nantes. Excellent rouleur, il s’impose trois années consécutives dans le Grand Prix des Nations, de 1934 à 1936. Il devient également champion du monde sur route en 1936 à Berne, trois ans après avoir obtenu la médaille d’argent aux championnats du monde de Montlhéry.
Après la Seconde Guerre mondiale, Antonin Magne entreprend une nouvelle carrière comme directeur sportif. En 1945, il prend la direction de l’équipe Mercier, formation qu’il conduit au plus haut niveau du cyclisme français et international. Reconnaissable à sa blouse blanche et à son béret, il impose une méthode fondée sur la préparation, la discipline et la solidarité collective. Sous sa conduite, Mercier accueille de grands champions comme Rik Van Steenbergen, Louison Bobet, Bernard Gauthier et, quelques années plus tard, Raymond Poulidor.
En 1953, la formation Mercier–Hutchinson, alors dirigée par Antonin Magne, reçoit la Coupe des constructeurs de L’Humanité Dimanche. Cette distinction collective met à l’honneur le travail de l’équipe, de son directeur sportif et du constructeur représenté par ses coureurs. Dans le cyclisme de cette époque, les classements réservés aux constructeurs occupent une place importante.
La pièce présentée est la Coupe des constructeurs 1953, attribuée par l’hebdomadaire L’Humanité Dimanche et conservée parmi les souvenirs personnels d’Antonin Magne. Cette imposante récompense adopte une forme largement évasée. Son corps métallique présente une succession de volumes géométriques et de lignes horizontales gravées. Les surfaces brillantes reflètent la lumière et renforcent son apparence monumentale. Une plaque métallique porte l’inscription « L’Humanité-Dimanche – Coupe des constructeurs – 1953 », qui permet d’identifier précisément l’origine et le millésime de la distinction.
Présentée dans le Musée Virtuel du Cyclisme – Collections Noël GREGOIRE, cette coupe témoigne de la réussite collective de l’équipe Mercier en 1953. Elle rappelle surtout la seconde carrière d’Antonin Magne, devenu après ses exploits de champion l’un des directeurs sportifs les plus influents et les plus respectés de son époque.