Les fanions, écharpes, assiettes & diplômes - 17

PIECE N°259

                            REYBROUCK Guido (B)
                                       (25.12.1941)

    Son fanion du Challenge international « Flèche                Vittel », remporté avec l’équipe Faema au           Tour de France 1969

Né à Bruges le 25 décembre 1941, Guido Reybrouck fut l’un des meilleurs sprinteurs belges de sa génération. Professionnel de 1962 à 1973, il se distingua aussi bien dans les grandes classiques que sur les routes des grands tours.

Son palmarès comprend notamment trois victoires dans Paris–Tours, obtenues en 1964, 1966 et 1968, ainsi que l’Amstel Gold Race 1969 et le Championnat de Zurich 1964. Rapide et puissant, il était particulièrement redoutable dans les arrivées au sprint. Guido Reybrouck participa à six éditions du Tour de France entre 1965 et 1972. Il y remporta six étapes, dont la 13e étape du Tour 1969 entre Aubagne et La Grande-Motte, sous les couleurs de la formation Faema.

Le Tour de France 1969 marqua le retour définitif des équipes commerciales dans la Grande Boucle. La formation belge Faema, construite autour d’Eddy Merckx, domina largement cette édition. Elle remporta le classement général par équipes devant la formation Peugeot–BP–Michelin. Ce classement collectif était alors associé au Challenge international “Flèche Vittel”, parrainé par la marque d’eau minérale Vittel. Les coureurs de l’équipe en tête du classement étaient distingués par le port d’une casquette jaune. Guido Reybrouck contribua à cette victoire collective aux côtés d’Eddy Merckx et de leurs coéquipiers de la formation Faema. 

Le fanion présenté ici est confectionné dans un satin ivoire, bordé d’un galon brun et suspendu par une fine cordelette. Sa forme arrondie et sa présentation sobre correspondent aux récompenses publicitaires et protocolaires remises sur le Tour durant cette période. Ce fanion constitue une récompense collective. Il ne commémore donc pas directement la victoire d’étape personnelle de Guido Reybrouck, mais la première place finale de Faema au classement par équipes du Tour 1969. Sa provenance permet de l’associer personnellement au coureur belge, membre de la formation victorieuse.

La photographie d’époque rappelle la double réussite du coureur pendant ce Tour : une victoire individuelle à La Grande-Motte et une victoire collective avec son équipe.

Cet objet est un précieux témoin de la présence des partenaires commerciaux dans l’organisation des classements annexes du Tour de France. Il évoque également la remarquable domination de l’équipe Faema lors de l’édition 1969.

PIECE N° 470

SAMYN José (F)
(11.05.1946 – 28.08.1969)

Sa médaille et son écharpe de champion des Flandres F.F.C., catégorie cadets – 1962

Né à Quiévrain, en Belgique, d’un père français et d’une mère belge, José Samyn grandit dans cette région frontalière où le cyclisme occupait une place majeure. Il courut très jeune au contact des routiers belges avant d’adopter officiellement la nationalité française en 1964.

En 1962, âgé de seulement seize ans, il remporta le Championnat des Flandres de la Fédération française de cyclisme, dans la catégorie des cadets. Cette victoire régionale constitue l’un des premiers témoignages de ses qualités de compétiteur.

L’écharpe de champion présentée ici est confectionnée dans un satin de couleur ivoire. Elle porte, brodées en rouge, les inscriptions :« CHAMPIONNAT DES FLANDRES – F.F.C. – CADET – 1962 » Une représentation héraldique figure dans sa partie supérieure. Portée en bandoulière lors de la remise des récompenses, cette écharpe matérialisait publiquement le titre obtenu par le jeune coureur.

La médaille commémorative associée à l’écharpe est ornée de motifs sportifs et végétaux. Son médaillon central est gravé au nom du vainqueur : « José SAMYN – Champion des Flandres – Cadets – 1962 »

Réunies et conservées ensemble, la médaille et l’écharpe constituent un ensemble personnel particulièrement précieux. Elles documentent les débuts de José Samyn plusieurs années avant son accession au professionnalisme.

Après une brillante carrière amateur, marquée notamment par le titre de champion de France militaire en 1965, José Samyn devint professionnel en 1967 au sein de l’équipe Pelforth–Sauvage–Lejeune. Il fut cette même année le benjamin du Tour de France. Pour sa première participation à la Grande Boucle, il remporta la 11e étape entre Briançon et Digne-les-Bains et termina le Tour à la 17e place du classement général. Il participa au total à trois éditions du Tour de France. Son palmarès comprend également le Grand Prix de Denain, une étape de Paris–Nice, le Circuit du Port de Dunkerque, le Grand Prix de Fayt-le-Franc et le classement général du Tour de l’Oise. En 1968, il se classa deuxième de la Flèche wallonne derrière Rik Van Looy. Sa carrière fut tragiquement interrompue en août 1969. Victime d’une chute lors d’un critérium disputé à Zingem, en Belgique, José Samyn succomba quelques jours plus tard à ses blessures, à seulement vingt-trois ans.

Le Grand Prix de Fayt-le-Franc demeure aujourd’hui l’un des principaux hommages rendus au jeune champion franco-belge.

Cette écharpe et cette médaille rappellent ainsi les premiers succès d’un coureur promis à une grande carrière. Elles témoignent à la fois de la précocité de José Samyn et d’un destin sportif aussi remarquable que tragiquement bref.

PIECE N° 591

STABLINSKI Jean (F)
(21.05.1932 – 22.07.2007)

Son fanion du Challenge Martini, remporté avec l’équipe de France au Tour de France 1961

Né Jean Stablewski à Thun-Saint-Amand, dans le Nord, Jean Stablinski fut l’une des grandes figures du cyclisme français des années 1950 et 1960. Surnommé « le Sorcier » pour son intelligence tactique, il fut aussi le fidèle équipier et capitaine de route de Jacques Anquetil.

Le Tour de France 1961 était encore disputé par équipes nationales et régionales. Stablinski appartenait à la puissante sélection française dirigée par Marcel Bidot, aux côtés notamment de Jacques Anquetil, André Darrigade et Henry Anglade. L’équipe de France domina cette édition : Anquetil remporta le classement général, Darrigade le classement par points et la sélection nationale le Challenge Martini, appellation commerciale du classement par équipes.

En 1961, ce classement était établi par points. À chaque étape, les temps des trois meilleurs coureurs de chaque formation étaient additionnés ; l’équipe réalisant le meilleur total remportait un point pour le classement final.

Jean Stablinski contribua également à la réussite française en remportant au sprint la 7e étape, entre Belfort et Chalon-sur-Saône, longue de 214,5 kilomètres.

Le fanion est confectionné dans un satin bleu clair, bordé d’une frange dorée. Son décor reprend l’emblème du partenaire Martini : un disque rouge placé derrière un cartouche noir portant le nom de la marque. Remis à Jean Stablinski en qualité de membre de l’équipe de France victorieuse, cet objet constitue une récompense collective et non un souvenir lié à sa seule victoire d’étape. Le fanion porte des inscriptions manuscrites attribuées à Jacques Anquetil, André Darrigade et Jean Stablinski. Sous réserve de leur authentification, ces signatures renforcent sa valeur historique et documentaire.

Sur la photographie d’époque figurent notamment André Darrigade, Janine Anquetil, Jacques Anquetil et Jean Stablinski. Anquetil et Stablinski y présentent chacun un fanion du Challenge Martini, probablement lors d’une cérémonie organisée autour du succès français.

Au cours de sa carrière, Jean Stablinski disputa douze Tours de France et y remporta cinq étapes. Son palmarès comprend également le Tour d’Espagne 1958, quatre titres de champion de France et le Championnat du monde sur route 1962.

Portant le numéro d’inventaire N.G.591, ce fanion témoigne du triomphe collectif de l’équipe de France dans le Tour 1961 et du rôle essentiel joué par Jean Stablinski auprès de Jacques Anquetil.